Le quartier des Vernets n'aura plus du tout la même allure.
Le quartier des Vernets n'aura plus du tout la même allure. (Image: FHV/ADR)
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Six nouveaux quartiers et bien plus que des logements

L’augmentation de la population et les enjeux climatiques obligent à revoir la façon de développer l’habitat. A Genève, le projet Praille-Acacias-Vernets en est l’illustration parfaite.

Selon les prévisions de l’Office fédéral de la statistique, la Suisse comptera plus de 10 millions d’habitants en 2045, soit 1,5 million de plus qu’à l’heure actuelle. Cette augmentation pose de nombreux défis, notamment en ce qui concerne les transports ou l’approvisionnement. Mais il faudra aussi que tous ces gens aient un toit au-dessus de la tête.

Or, le zones à bâtir ne sont pas extensibles à l’infini. Et construire de nouveaux logements ne peut plus se faire dans l’urgence. Les impératifs sont nombreux, en particulier en ce qui concerne la protection du climat et des sols. Pour rappel, la Suisse s’est fixé comme but de diminuer les émissions des CO2 de 50% par rapport à 1990 d’ici à 2030. Et de devenir climatiquement neutre en 2050.

Afin d'atteindre ce but, les villes doivent se repenser, se moderniser. Pour ce faire, la modernisation du parc immobilier est une des clés. A l'heure actuelle, celui-ci consomme 45% de l'énergie utilisée en Suisse et génère 24% des émissions de CO2. Le potentiel est donc immense, sachant qu’un bâtiment moderne consomme entre quatre et sept fois moins d’énergie en moyenne qu’une construction d’avant les années 1980. On estime à 1,5 million le nombre de bâtiments devant être assainis en raison de leur mauvaise efficacité énergétique. Pour atteindre les objectifs climatiques, il faut donc une offensive pour moderniser le parc immobilier. Ces assainissements peuvent par exemple se faire au niveau de l’isolation et des systèmes de chauffage. Souvent, remplacer purement et simplement des bâtiments énergivores par de nouvelles constructions s’avère cependant plus efficace d’un point de vue énergétique.

Le PAV, densifier pour mieux vivre ensemble

Une solution, qui commence à s’imposer, est la densification. C’est-à-dire faire vivre plus de monde dans un espace qui existe déjà. Pour ce faire, on privilégiera les habitats collectifs aux maisons individuelles. Tout en donnant aux habitants la possibilité de créer du lien social grâce à l’implantation de structures permettant le vivre ensemble.

A Genève, un projet d’envergure est entré dans une phase très concrète l’an passé. L’ancienne caserne des Vernets disparaît peu à peu sous les coups de dents de la croqueuse de béton. A terme, ce bâtiment militaire va laisser la place à 1500 nouveaux logements, destinés tant à des familles qu’à des étudiants ou des séniors. Sur une esplanade entièrement piétonne, les immeubles proposeront notamment des commerces, un espace socioculturel et une crèche. Une école est même censée y voir le jour.

Ce nouveau quartier n’est qu’une étape de la métamorphose orchestrée par l’Etat de Genève dans la zone Praille-Acacias-Vernets. Cet espace de 230 hectares, jadis voué à l’agriculture, puis à l’industrie, laissera place au cours des prochaines années à six quartiers alliant habitations, zones commerciales, sportives et culturelles, le tout relié aux transports publics. La fin de travaux est prévue pour 2030.

Le projet prévoit de construire des milliers de logements. Notamment aux Vernets, sur le site de l'ancienne caserne.
Le projet prévoit de construire des milliers de logements. Notamment aux Vernets, sur le site de l'ancienne caserne. (Image: Losinger Marazzi)
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Le projet du PAV métamorphosera totalement quelque 230 hectares en ville de Genève et sur les communes de Carouge et Lancy.
Le projet du PAV métamorphosera totalement quelque 230 hectares en ville de Genève et sur les communes de Carouge et Lancy. (Image: Losinger Marazzi)
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La caserne des Vernets, avant les travaux de démolition, qui ont commencé.
La caserne des Vernets, avant les travaux de démolition, qui ont commencé. (Image: Yves André)
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Le quartier de l'Etoile sera aussi totalement réaménagé.
Le quartier de l'Etoile sera aussi totalement réaménagé. (Image: Etat de Genève)
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Des immeubles, mais aussi des lieux de rencontres sortiront de terre.
Des immeubles, mais aussi des lieux de rencontres sortiront de terre. (Image: Dupraz et Byrne)
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Idem pour le quartier des Acacias.
Idem pour le quartier des Acacias. (Image: Yves André)
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Comme ici à la Praille, la part belle sera faite à la nature et aux espaces de détente.
Comme ici à la Praille, la part belle sera faite à la nature et aux espaces de détente. (Image: Etat de Genève)
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Des lieux de rencontre, des installations sportives et culturelles ou encore des magasins renforceront l'offre en logement.
Des lieux de rencontre, des installations sportives et culturelles ou encore des magasins renforceront l'offre en logement. (Image: Etat de Genève)
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Le climat au centre des débats

Au cœur de ce projet, un engagement. Celui de faire de ces quartiers des zones de vie durables à tous les points de vue. Ainsi, il est prévu que les bâtiments soient fournis à 100% en énergie propre et renouvelable, entre autres grâce au solaire et à la géothermie. Ils seront aussi reliés au réseau GeniLac, qui utilise notamment l’eau du lac Léman. Les Vernets est par ailleurs le premier quartier labellisé «société 2000 watts» en Suisse romande.

Il est également prévu de faire la part belle aux piétons, avec la création d’un parc de 8 hectares et de grands axes végétalisés.

Renaturaliser et recycler

Outre la végétalisation des axes de mobilité, le projet prévoit de remettre deux rivières, l’Aire et la Drize, à ciel ouvert, favorisant ainsi la biodiversité. Les bords des ces rivières seront accessibles aux piétons et aux cyclistes. Par ailleurs, les toits des immeubles seront eux aussi végétalisés.

La gestion durable des matériaux sera aussi au centre des travaux de construction. Ainsi, on favorisera le réemploi et le recyclage, ainsi que l’utilisation du rail pour réduire l’impact des camions. Enfin, l’accent sera mis sur une gestion responsable des déchets, impliquant les futurs habitants et les entreprises qui prendront leurs quartiers dans la nouvelle zone.

«L’enjeu, c'est aussi de pouvoir réaliser des aménagements de qualité»

René Leutwyler, président de la Société Suisse des Entrepreneurs-section Genève, revient sur les bienfaits de la densification.

Pourquoi la densification est-elle aujourd'hui quasiment une obligation?

En Suisse, la population résidente est en constante augmentation. Les régions à fort potentiel d’emplois seront les premières concernées par la demande en logement. La densification de nos périmètres urbains représente une solution, car construire dans les zones agricoles devient très difficile, voir quasi impossible dans certaines régions. L’alternative serait de pousser les logements en dehors de nos frontières avec comme conséquence directe une pression encore augmentée sur la demande en mobilité.

Quels sont les bienfaits de la densification sur le climat?

D'abord, gagner en efficience énergétique. Densifier initie la réflexion pour la construction de bâtiment de remplacement et des aménagements de qualité sur les périmètres concernés. Nous savons aujourd’hui construire des bâtiments à faible taux d’émissions de CO2 et, surtout, les exploiter avec même zéro émission carbone. En ce sens, moderniser notre parc immobilier devient une nécessité.

Puis, préserver les sols cultivables. Densifier les zones urbaines signifie, pour beaucoup de personnes, vivre près de l’endroit où se situe leur travail, où l’on consomme et où l’on peut vaquer à ses occupations. Il s’agit finalement de construire la ville en ville et ainsi préserver nos terrains agricoles.

Enfin, favoriser une mobilité ajustée. La réduction de nos besoins de déplacements apportera un gain en émission de CO2. Pouvoir concentrer l’habitat dans notre espace de vie, de travail et de nos loisirs de proximité, pourra apporter un bénéfice appréciable.

En quoi le projet PAV est-il exemplaire en ce sens?

Au-delà de l’objectif de densifier les surfaces utiles à nos activités, l’enjeu consiste également à pouvoir réaliser des aménagements de qualité. Les bienfaits de la densification mentionnés ci-avant peuvent se transcrire idéalement dans un périmètre comme celui de «Praille-Acacias-Vernets», du PAV. Il est très intéressant de pouvoir concrétiser une réflexion de densification des surfaces utiles des bâtiments tout en y intégrant les équipements et les espaces publics adaptés ainsi que des zones de verdure généreuses.

Quels sont les défis que pose la densification pour les entrepreneurs de la construction?

Le but est d’associer l’acte de construire avec les objectifs de réduction massive d’émission de CO2. In fine, l’objectif est d’atteindre une neutralité en émission carbone. Nous avons déjà la technologie ainsi que le savoir-faire à ce sujet. Les défis résident dans l’industrialisation de nos procédés de production et dans le fait de pouvoir les appliquer de manière systématique avec des chaines d’approvisionnement établies.

Comment y répondent-ils?

En intégrant des matériaux de construction adaptés et en appliquant les principes de l’économie circulaire. Pour faire du béton, par exemple, il faut du ciment et des granulats. La fabrication des nouveaux types de ciment émet déjà moins de CO2, ce qui est une très bonne chose. Par ailleurs, il existe un réel potentiel découlant de la réutilisation des matériaux de démolition qui peuvent être recyclés en granulats. A l’heure actuelle, la branche recycle d’ailleurs déjà plus de 70% des déchets d’excavation et de démolition.

Est-il possible, selon vous, de densifier à l'infini?

Dans la réflexion de la densification, il s’agit avant tout d’un processus d’optimisation sur un périmètre. Densifier à l’infini, pour autant que cela soit possible, n’est donc pas vraiment l’objectif. Ceci dit, les métiers de la construction ont beaucoup d’éléments en mains pour construire en préservant le climat. En densifiant nos zones d’habitations nous progressons certainement sur un des chemins à suivre pour atteindre nos objectifs climatiques de 2030 et 2050.

René Leutwyler, président de la Société Suisse des Entrepreneurs-section Genève.
René Leutwyler, président de la Société Suisse des Entrepreneurs-section Genève. (Image: Paul Talmann)

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